Bulletin France — 20 octobre 2026
Politique
- Macron refuse la démission de Laurent Nuñez – Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a déclaré lundi sur France Inter avoir remis sa démission « parce que je suis responsable de tout ce qui se passe », en reconnaissant « un manque d’anticipation » et « une perte de contrôle » dans certaines grandes villes, selon LCP. L’Élysée a refusé cette démission en invoquant « la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre », et Emmanuel Macron lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l’ordre face aux casseurs, selon LCP et l’AFP. L’avocat d’un adolescent de 17 ans amputé d’une main après un tir de grenade samedi à Saint-Étienne a annoncé une plainte contre le ministre pour « complicité de violences aggravées » devant la Cour de justice de la République, selon franceinfo.
- Lecornu fait instaurer des couvre-feux partiels dans plusieurs villes – Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé lundi aux préfets d’instaurer des couvre-feux « partiels » et « localisés », jugés « davantage adaptés » qu’un état d’urgence qu’il n’exclut pas « si c’est utile », selon l’AFP. Les premières mesures sont entrées en vigueur lundi soir à Paris, Lyon, Lille et Nice sur certaines portions de territoire, réservées aux mineurs à Lille et à Nice, et visant à Paris la place de la République et le quartier des Halles à partir de 23 heures, selon l’AFP et franceinfo. Sébastien Lecornu a accusé l’ultragauche de vouloir « organiser un désordre » dans le pays jusqu’à la présidentielle, et les syndicats sont convoqués à Matignon mercredi matin, selon l’AFP.
- Darmanin réclame la qualification de criminalité organisée pour les pillages – Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé lundi aux parquets de retenir la qualification de « criminalité organisée », qui permet de porter la garde à vue de 48 à 72 heures, selon franceinfo et l’AFP. Il a fait état de 2 513 gardes à vue et de 67 personnes déjà incarcérées, dont 34 dans le ressort de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, selon franceinfo. Le parquet national antiterroriste doit décider s’il se saisit de l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges, selon les mêmes sources.
- Larcher juge que l’interdiction de LFI « peut être posée » – Interrogé par Le Figaro sur une éventuelle interdiction de La France insoumise, le président du Sénat Gérard Larcher a répondu : « Je pense que la question peut être posée », tout en reconnaissant que LFI « concourt à l’expression de la nation », selon franceinfo. Il a également jugé que la question de l’état d’urgence méritait d’être posée et appelé à réfléchir au maintien de la journée intersyndicale du 5 novembre. Sur RTL, Raphaël Glucksmann a réclamé une réponse « extrêmement ferme » en avertissant que, faute de quoi, Marine Le Pen bénéficierait du chaos, selon l’AFP.
- Le Parlement adopte une loi de réparation pour les rapatriés d’Indochine – Le Sénat a définitivement adopté lundi, par un vote unanime, une proposition de loi du député socialiste Olivier Faure reconnaissant l’indignité des conditions d’accueil des rapatriés d’Indochine entre 1954 et 1975, selon l’AFP. Le texte ouvre la voie à une réparation des préjudices pour 300 à 400 personnes selon les estimations de parlementaires et d’associations, Olivier Faure évaluant le montant moyen à un peu moins de 9 000 euros. Entre 4 000 et 5 000 rapatriés sans ressources avaient été installés dans des centres d’accueil gérés par l’État, parfois pendant plus de quinze ans, selon l’AFP.
Économie
- Le CAC 40 recule de 1,11 % après les violences – La Bourse de Paris a terminé lundi en baisse de 1,11 %, soit 88,65 points, à 7 868,05 points, selon l’AFP et la cotation de clôture publiée par Boursorama. Le rendement de l’emprunt français à dix ans est monté à 4,92 % contre 4,80 % vendredi, et l’écart avec l’Allemagne a atteint 1,48 point, proche de son plus haut de 2012, alors que l’agence Moody’s doit réexaminer vendredi la note de la France, déjà assortie d’une perspective négative, selon l’AFP. Les banques ont reculé, dont Société Générale (-3,41 %) et BNP Paribas (-2,48 %), de même qu’Accor (-3,03 %) et Carrefour (-2,17 %).
- L’Assemblée suspend le budget de l’État et passe à la Sécurité sociale – Les députés ont interrompu lundi à minuit l’examen de la partie « recettes » du projet de loi de finances pour 2027, où restent plus de 2 600 amendements, afin d’aborder à partir de mardi après-midi le budget de la Sécurité sociale, selon l’AFP et LCP. Le ministre des Comptes publics David Amiel a estimé que la première semaine de débats avait dégradé le déficit public de 10 milliards d’euros, selon les mêmes sources. Le projet de financement de la Sécurité sociale vise un déficit de 12,7 milliards d’euros en 2027 contre 21,8 milliards en 2026, et une motion de rejet de LFI doit être examinée en premier, selon l’AFP.
- Au moins 3 000 commerces touchés, chômage partiel dès mardi – Le ministre du Commerce Serge Papin a estimé lundi à « sans doute 3 000 au moins » le nombre de commerces touchés par les pillages du week-end, selon l’AFP. Sébastien Lecornu a annoncé le déblocage du chômage partiel dès mardi, à hauteur de 100 % du revenu des salariés, un fonds de soutien spécifique pour la trésorerie des commerçants et des discussions avec les assureurs pour accélérer expertises et acomptes, selon franceinfo et l’AFP. Le gouvernement exige par ailleurs le retrait des annonces de revente d’articles pillés, et une réunion avec les grandes plateformes est prévue mardi matin, selon l’AFP.
- Ikea France prévoit jusqu’à 303 suppressions de postes – Ikea France a annoncé lundi un plan de sauvegarde de l’emploi pouvant entraîner « potentiellement un maximum de 303 postes » supprimés, surtout au siège en région parisienne et dans les fonctions administratives, ainsi que la création de 100 postes, selon l’AFP. Selon la CFDT, syndicat majoritaire, le plan prévoit 164 suppressions et une centaine de postes redéployés. L’enseigne, qui emploie plus de 12 000 personnes en France dans 38 magasins, a ouvert un dialogue social qui doit se poursuivre jusqu’en mars 2027, selon l’AFP.
Actualités
- Une coordination de gilets jaunes annonce un acte II le 24 octobre – Une coordination de gilets jaunes ayant participé à la mobilisation du 17 octobre a annoncé lundi de nouvelles actions le samedi 24 octobre puis le 31 octobre, avant la journée intersyndicale du 5 novembre, selon franceinfo et l’AFP. La Coordination nationale lycéenne, qui dit fédérer des lycées mobilisés dans 27 villes, appelle les élèves à se mobiliser jeudi 22 et samedi 24 octobre, selon franceinfo. Laurent Nuñez a promis un dispositif policier « plus nombreux » à Marseille pour la journée de samedi, selon franceinfo.
- Des maires réclament des comptes à l’État après les violences – Des élus et des habitants se sont rassemblés lundi midi devant de nombreuses mairies à l’appel de l’Association des maires de France, qui juge que le 17 octobre signe « l’échec de la doctrine d’emploi des forces de l’ordre », selon l’AFP et franceinfo. Le maire de Marseille Benoît Payan a jugé la réponse politique « pas à la hauteur », et celui de Saint-Étienne, Régis Juanico, a rapporté que des émeutiers avaient tenté d’incendier l’hôtel de ville alors que six agents s’y trouvaient, selon l’AFP. Dans une tribune publiée par Libération, les maires de Paris, Lyon et Marseille réclament « un fonds exceptionnel de solidarité nationale », selon l’AFP.
- Procès à Aix du triple meurtre lié au frère d’Amine Kessaci – Le procès de cinq hommes accusés d’un triple meurtre commis en 2020 sur fond de guerre des territoires de la drogue à Marseille s’est ouvert lundi devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence, sous très haute sécurité, selon l’AFP et franceinfo. Parmi les victimes figure Brahim Chabane, demi-frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, partie civile, qui a déclaré ne pas être dans « une quête de vengeance mais simplement la justice », selon franceinfo. Les accusés, dont Amine Oualane, présenté comme l’un des chefs présumés de la DZ Mafia, nient toute implication, et le verdict est attendu le 6 novembre, selon l’AFP.
- Rima Hassan jugée à Paris pour apologie du terrorisme – L’eurodéputée LFI Rima Hassan a comparu lundi devant le tribunal judiciaire de Paris pour un message publié sur X le 26 mars reprenant une citation attribuée à Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat de 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv, selon l’AFP. Elle a dénoncé une « tentative d’intimidation » et indiqué qu’elle garderait le silence, lors d’un procès prévu les 19 et 20 octobre après un renvoi en juillet, selon l’AFP et Le Club des juristes. Une dizaine d’avocats de parties civiles, dont ceux de la Licra, sont présents à l’audience.
- Épisode méditerranéen : neuf départements en vigilance orange mardi – Météo-France a placé en vigilance orange pour mardi l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, le Gard, le Var, le Vaucluse, l’Hérault, la Lozère, l’Ardèche et la Haute-Corse pour des risques de pluie-inondation, d’orages et de crues, selon franceinfo, l’AFP en ayant compté huit lundi en fin d’après-midi. Des cumuls de 120 à 150 mm sont attendus en moins de trois heures sur le Gard, l’Hérault et la Lozère, voire 250 mm sous les orages les plus intenses, selon l’AFP. Météo-France n’exclut pas un passage du Gard et de l’Hérault en vigilance rouge, selon franceinfo.
Bulletin généré automatiquement le 20 octobre 2026.
