Thursday, 16 July, 2026

Actualités Financières Hebdomadaires — 11 juillet 2026

🌍 Thème dominant de la semaine

La semaine du 3 au 10 juillet 2026 aura été dictée par la géopolitique. Après un début de semaine euphorique dans le prolongement des records européens de fin juin, le regain de tension entre les États-Unis et l’Iran a brutalement changé la donne : le 8 juillet, les deux pays ont échangé des frappes aériennes et le président Trump a déclaré caduc le cessez-le-feu en vigueur, provoquant une flambée du pétrole, un repli marqué des actifs risqués et une poussée de volatilité. Les deux dernières séances de la semaine ont toutefois été marquées par un apaisement : les craintes autour du Moyen-Orient se sont atténuées, le pétrole s’est calmé et les investisseurs sont revenus à l’achat à bon compte. En parallèle, deux autres moteurs ont animé les marchés : le réveil des semi-conducteurs, dopés par le plan d’investissement massif de Micron et la levée de capitaux de SK Hynix, et la publication des premières minutes de la Fed sous la présidence de Kevin Warsh, confirmant un ton prudent, sans forward guidance, perçu comme hawkish.

📉 Performances hebdomadaires des marchés

La semaine a dessiné un aller-retour spectaculaire : records en début de semaine (« partir au sommet »), forte correction mardi-mercredi sur l’escalade irano-américaine, puis rebond jeudi et vendredi. Niveaux de clôture au jeudi 9 juillet (source : newsletters Société Générale / Zonebourse) :

Indice Clôture (09/07) Variation (séance du 09/07)
CAC 40 8 326,62 +0,90 %
Dow Jones 52 487,41 +0,27 %
S&P 500 7 543,64 +0,81 %
Nasdaq-100 29 727,10 +1,62 %
Nikkei 225 68 572,30 +1,13 %
BEL 20 5 647,96 +0,31 %

Les Bourses européennes étaient attendues dans le vert vendredi matin, à la faveur d’achats à bon compte après les forts dégagements du milieu de semaine. Pour mémoire, la semaine précédente s’était conclue par une nette surperformance européenne (DAX +3,69 %, FTSE MIB +2,27 %, CAC 40 +1,07 %), portée par la décrue de l’inflation en zone euro. Côté valeurs françaises, l’événement de la semaine est l’annonce d’un projet d’OPA simplifiée sur Voyageurs du Monde à 180 € par action, soit une prime de 23,7 % sur le dernier cours : les fondateurs et leurs partenaires, regroupés dans la holding Avantage (86,44 % du capital), visent un retrait de la cote après une offre attendue à l’automne.

🛢️ Matières premières & Énergie

Le pétrole a été l’actif baromètre de la semaine. Le 8 juillet, sur fond de rupture du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, le WTI a bondi de 4 à 5 % vers 74 $ le baril. L’accalmie diplomatique des jours suivants a ensuite « climatisé » les marchés : vendredi matin, le Brent se traitait autour de 76,21 $ (+0,38 % sur la séance), bien loin des sommets de panique. Fait notable, le reflux du brut en fin de semaine a alimenté une détente des rendements obligataires américains et un rally des Treasuries. L’or, valeur refuge par excellence dans ce contexte, reste perché à des niveaux historiquement élevés autour de 4 114 $ l’once (-0,21 % jeudi), soutenu par la prime géopolitique persistante et l’incertitude monétaire américaine.

🏦 Banques centrales

La Réserve fédérale a publié mercredi les minutes de sa première réunion sous la présidence de Kevin Warsh, très attendues après la suppression du « dot plot » traditionnel et le raccourcissement du communiqué de politique monétaire. Le taux directeur reste fixé entre 3,50 % et 3,75 %, inchangé depuis décembre 2025, mais neuf des dix-huit membres du FOMC projetaient en juin au moins une hausse de taux d’ici la fin de l’année. À Sintra, lors du forum de la BCE, Warsh a jugé les prix « trop élevés » tout en refusant tout engagement sur la trajectoire future — une posture que les marchés interprètent comme hawkish à l’approche de la réunion des 28-29 juillet. En zone euro, la décrue de l’inflation à 2,8 % en juin (contre 3,2 % en mai) réduit nettement la pression sur la BCE. Ailleurs, la Banque populaire de Chine a introduit de nouvelles opérations de liquidité au jour le jour — un ajustement technique plus qu’un assouplissement —, tandis qu’au Japon, l’enquête Tankan au plus haut depuis 2018 et un yen à son plus bas niveau depuis près de quarante ans nourrissent la spéculation d’une intervention des autorités.

📊 Données macro

Aux États-Unis, le rapport sur l’emploi de juin a confirmé le refroidissement du marché du travail : seulement 57 000 créations de postes non agricoles, très en deçà des attentes, avec des révisions en baisse des mois précédents, pour un taux de chômage à 4,2 %. La confiance des consommateurs reste morose et l’activité manufacturière progresse à un rythme ralenti. Ces chiffres tempèrent le scénario d’un resserrement de la Fed, dans l’attente du CPI de juin publié le 14 juillet. En zone euro, outre l’inflation à 2,8 %, le chômage demeure stable à 6,2 % et les ventes au détail allemandes ont surpris à la hausse. Au Royaume-Uni, le PIB du premier trimestre est confirmé à +0,6 % et les prix immobiliers progressent de 2,2 % sur un an selon Nationwide ; le gouvernement Starmer a par ailleurs annoncé 15 milliards de livres supplémentaires pour la défense sur quatre ans. En Chine, les PMI de juin signalent un retour de l’activité manufacturière en zone d’expansion.

🪙 Cryptomonnaies

Le Bitcoin a évolué cette semaine dans une fourchette de 62 000 à 63 500 $, très loin de son record d’octobre 2025 (environ 126 000 $). Le fait marquant est le retournement — encore fragile — des flux sur les ETF spot américains : après un mois de juin catastrophique (-4,5 milliards de dollars de sorties nettes, pire mois depuis leur lancement, dont -3,55 milliards pour le seul IBIT de BlackRock) et une huitième semaine consécutive de décollecte au 2 juillet (-527 millions), trois séances consécutives d’entrées nettes ont totalisé environ 510 millions de dollars entre le 2 et le 7 juillet, mettant fin à une série de dix jours de sorties (-2,73 milliards). Le signal le plus significatif est venu du 6 juillet, quand IBIT a capté 209,4 millions de dollars, suggérant un retour du capital institutionnel et non un simple achat tactique de repli. La rechute vers 62 000 $ le 8 juillet, sur l’escalade Iran-États-Unis, rappelle toutefois la sensibilité de l’actif au risque géopolitique. Les encours du complexe ETF sont retombés à environ 74,4 milliards de dollars (contre plus de 150 milliards au pic), Citigroup a abaissé son objectif à 12 mois sur le Bitcoin à 82 000 $, et Glassnode estime le prix d’entrée moyen des investisseurs en ETF à 83 800 $ — soit une moins-value latente moyenne d’environ 26 %. Les deux juges de paix à venir : le CPI du 14 juillet et le FOMC des 28-29 juillet.

💱 Devises

L’EUR/USD s’échange autour de 1,1444 (+0,10 % vendredi matin), toujours jugé « sous pression » par les experts de Société Générale dans un contexte de Fed hawkish. Le GBP/USD se tient à 1,3430. Le mouvement le plus spectaculaire reste celui du yen : à 161,5 par dollar (-0,50 % vendredi), la devise japonaise a touché son plus bas niveau depuis près de quarante ans avant de rebondir sur des spéculations d’intervention des autorités japonaises.

📈 Thèmes & Analyses d’investissement

Trois thèmes dominent les analyses de la semaine. D’abord, le retour en grâce des semi-conducteurs : l’annonce par Micron d’un plan d’investissement domestique de 25 milliards de dollars sur dix ans et la levée de 28 milliards de SK Hynix ont relancé la thèse selon laquelle le déploiement de l’IA n’en est qu’à ses débuts — la séance de lundi s’était d’ailleurs jouée « à l’heure sud-coréenne ». À l’inverse, l’unwind du trade IA se poursuit sur les hyperscalers : selon les analyses relayées par IBKR, les fonds quantitatifs viennent de connaître leur pire série depuis août, et le marché ne récompense plus les simples annonces de dépenses. Ensuite, la rotation sectorielle : la vieille économie et les valeurs délaissées surperforment (« les derniers sont les premiers »), et Seasonax rappelle le schéma saisonnier favorable à la santé au troisième trimestre. Enfin, les situations spéciales restent porteuses en Europe, comme l’illustre l’OPA sur Voyageurs du Monde à 180 €. À noter également, l’analyse critique de Money Radar sur la proposition d’OpenAI de céder 5 % de son capital au gouvernement américain, lue comme une stratégie d’assurance politique davantage que comme un geste altruiste.

🧠 Éditorial / Pédagogie

Deux enseignements pédagogiques ressortent des newsletters. MasterBourse, à l’occasion du dénouement de son investissement dans Voyageurs du Monde (environ +30 % par an sur trois ans), rappelle sa grille de lecture : privilégier les leaders très bien gérés, résilients, à forte rentabilité et générateurs de trésorerie — des qualités qui permettent d’ignorer la volatilité de court terme, même si un actionnaire minoritaire « ne choisit jamais sa sortie ». Côté crypto, la leçon de la semaine porte sur la mécanique des flux d’ETF : une grosse collecte isolée ne fait pas une tendance ; ce sont les rachats persistants, plateforme par plateforme, qui font le régime de marché, et il faut plusieurs séances de création consécutives chez les grands émetteurs pour valider un retournement.

🔭 Tendances observées

Par rapport aux semaines précédentes, trois dynamiques se confirment : la surperformance européenne s’installe, portée par la désinflation et le thème de la défense ; la rotation hors des méga-capitalisations technologiques américaines vers la vieille économie, les valeurs de rendement et désormais les semi-conducteurs « physiques » se renforce ; et le risque géopolitique au Moyen-Orient s’affirme comme un facteur récurrent mais jusqu’ici conjoncturel — chaque flambée étant suivie d’un apaisement rapide et de rachats à bon compte. En revanche, la tendance à la décollecte structurelle sur les ETF Bitcoin montre ses premiers signes d’inflexion, sans confirmation à ce stade. La volatilité, elle, semble durablement de retour — « vive la volatilité », ironisait Zonebourse vendredi.

⚠️ Avertissement

Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d’investissement.

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